Dans la vie, il y a toujours plusieurs personnes que l’on admire, pour une raison ou pour une autre. J’ai la chance de pouvoir croiser régulièrement l’une de ces personnes : Gianni « Plume » Molinaro, actuellement journaliste pour Gameblog.fr. Si j’admire Plume, ce n’est pas pour sa réussite, mais c’est avant tout pour sa détermination et sa gentillesse. 

Gianni, tu travailles actuellement en tant que journaliste pour Gameblog.fr, mais cela fait maintenant plus de 10 ans déjà que tu travailles dans la presse jeux vidéo. Peux-tu nous détailler ton parcours ?

Je suis devenu pigiste pour Joypad et PlayStation Magazine à l’été 2003, alors que les magazines du groupe Hachette venaient d’être rachetés par Future France et qu’une grande partie des effectifs « historiques » avaient choisi de partir. Jusqu’à fin 2008, j’ai collaboré avec d’autres titres de l’entreprise comme Joystick, Kid Paddle, PSM3, Jeux Vidéo Magazine. J’ai également collaboré avec Game One en tant que chargé de production sur les PES League vers 2007.
De la toute fin 2008 à août 2011, j’ai occupé le poste de chef de rubrique news sur Jeux Vidéo Magazine. Puis j’ai atterri chez mes camarades de Gameblog, d’abord en dilettante puis plus sérieusement comme rédacteur permanent et animateur du podcast.
J’ai aussi eu l’occasion de présenter une libre-antenne sur Radio01 en 2013, au très efficace – mais un peu gênant pour moi – nom de Hotline Gianni (qui me manque teeeeeellement) et d’écrire un livre consacré à la série Castlevania pour le compte des éditions Pix’n Love, paru en mars 2014.
gianni

Si je ne m’abuse, tu es un oiseau rare. En regardant actuellement les différentes rédactions, on ne peut y trouver que très peu de personnes issues d’écoles de journalisme. Tu as obtenu, en 2004 ton diplôme à l’Ecole Supérieur de Journalisme de Paris. Pensais-tu alors te diriger vers le jeu vidéo, ou est-ce que ta passion l’a emporté sur la raison ?

En réalité, en arrivant à Paris, je n’avais aucune intention du tout. Enfin si : devenir le nouveau Yves Mourousi. Le destin – une célèbre série de jeux de foot dont j’étais mordu et pour laquelle j’étais très impliqué au niveau communautaire – a voulu que je fréquente plus assidûment deux personnes bossant chez Joypad : Angel et Julo.
Devenus chefs de rubrique de la publication en arrivant chez Future France, ils ont songé à me faire bosser, avec l’aval de Teck Hao Tea, devenu rédacteur en chef. Comme ça ne s’est pas trop mal passé, je suis resté. Difficile de songer à autre chose quand, en deuxième année d’ESJ Paris, au lieu d’avoir un stage, on a un revenu et une carte de presse dans un milieu qui nous passionne. Je n’y pensais pas particulièrement, mais la chance et quelques personnes formidables m’ont bien aidé.

Tu as participé à l’E3 2014 au nom de Gameblog.fr. Il s’agissait de ton premier voyage à Los Angeles. Qu’as-tu pensé du salon, et plus généralement, de l’accueil dédié à la presse étrangère ?

C’est très excitant. On court dans tous les sens, on voit énormément de jeux, souvent en avant-première – ce qui constitue un sacré privilège -, les stands sont parfois gigantesques, les conférences profitent d’une ambiance unique, l’accueil est super… Mais ça va un peu trop vite pour moi, peut-être. Et je dois avouer que la ville de Los Angeles en elle-même ne me branche pas trop. Je crois que j’ai vieilli.

Durant tes années de journalisme, tu as dû croiser une foule de personnalités du jeu vidéo. Quel est ton meilleur souvenir avec l’une d’elle ?

Gianni2J’en ai des tas, entre les matchs contre Shingo « Seabass » Takatsuka sur PES au moins une fois par an, le fait d’avoir dîné CHEZ Randy Pitchford, patron de Gearbox, où nous avons eu quelques discussions passionnantes avec d’autres journalistes étrangers, une interview collégiale avec un Shigeru Miyamoto qui nous a mis dans sa poche en 2 secondes – et avec le sourire -, mes interviews avec Michel Ancel, toujours incroyablement drôle, ou encore un remballage de stand aux côtés du papa de Double Dragon, Yoshihisa Kishimoto, mes échanges avec AHL ou Marcus sur l’Amiga…
Mais le plus beau souvenir est assez récent. Cela concerne un monsieur que j’avais déjà croisé lorsqu’il était venu présenter From Dust pour Ubisoft : Eric Chahi.
J’ai eu le plaisir de le revoir dans le cadre du Toulouse Game Show fin 2013, auquel je me suis rendu simplement pour voir mes éditeurs Mehdi El Kanafi et Nicolas Courcier, et fêter avec eux la fin de la rédaction de mon maudit bouquin. Il se trouve qu’il était lui aussi présent pour un ouvrage lui étant consacré. A la fin de la journée, nous nous sommes tous rendus dans les locaux de Pix’n Love pour nous désaltérer.
Eric a pris des photos des convives durant toute la soirée. Et lorsqu’il est venu vers moi, j’ai commencé à fixer l’objectif en fronçant les sourcils, en posant un peu. Cela n’avait pas l’air de lui convenir. Il attendu chaque moment où je détournais le regard pour me prendre en photo, en jouant un peu chaque fois que je regardais de nouveau en sa direction. Il avait des yeux de gosse à ce moment-là. Lui qui m’a fait rêver lorsque j’avais 13 ans avec Another World. Un vrai monument à mes yeux. Ca m’a paru surréaliste. C’est le genre d’anecdote qui ne s’oublie pas.

En mars 2014, tu as écrit un livre dédié à l’univers de Castlevania, publié aux éditions Pixnlove. Pourquoi avoir choisi Castlevania ? Comment s’est passée la rédaction ?

Je n’ai pas choisi Castlevania. C’est Castlevania qui m’a choisi. Ou plutôt Mehdi et Nicolas, avec qui j’avais discuté de mon amour pour la série – qui ne date pas d’hier – lors de Japan Expo 2012, pendant une pause clope. Ils avaient envie de tenter un ouvrage dessus. Ils m’ont demandé si ça m’intéresserait. J’ai dit « fuck yeah ». Je n’imaginais pas le boulot que ça allait représenter.
Nous nous sommes revus en février 2013. Ils m’ont fait part d’un plan. Ca devenait super sérieux. J’avais peur. J’ai commencé à jouer/rédiger à partir de mars, fait quelques pauses dues, notamment, à mon mariage. C’était long et dur. Mais plaisant de pouvoir me replonger dans l’intégralité des jeux de la saga, les disséquer, retrouver quelques anecdotes. J’ai fini vers la mi-novembre. Eux-mêmes ainsi que Damien Mecheri ont rédigé plusieurs sections que je n’aurais jamais pu réaliser aussi justement. Et c’était plié en décembre 2013.

Peut-on espérer un nouvel ouvrage de ta part dans les prochaines années ?

Un bouquin dans une vie, c’est déjà pas mal, non ? Une chose est sûre : j’adorerais retravailler avec Mehdi et Nicolas. S’ils m’invitent sur un projet « dans mes cordes », je me vois mal refuser. Après, il faut du temps. Beaucoup de temps. Cela peut me manquer.

Regardons maintenant vers l’avenir. 2015 va être riche en sorties vidéoludiques. Quel est le jeu que tu attends le plus ?

Je peux difficilement cacher qu’il s’agit de The Witcher III : Wild Hunt. Mon PC est prêt pour lui.

Nous avons plusieurs amis en commun, mais aujourd’hui, j’aimerais te parler de celle que je considère comme ta plus grande « fan ». Il s’agit de @CarolineFTZ, grande passionnée qui souhaite devenir animatrice jeux vidéo. Aurais-tu un conseil à lui donner pour réaliser son rêve ?

Alors là, j’apprends un truc ! Si c’est le cas, j’en suis flatté – même si je ne pense pas le mériter.
Il me semble que Caroline se débrouille très bien avec son blog et ses lives, qu’elle est sincère dans ce qu’elle accomplit et qu’elle a bon coeur. Elle respecte les préceptes de l’éminent Aziz Duloft, à savoir « délirez et restez vrais ». A partir de là, je ne peux que lui dire de continuer comme ça – et de contacter et demander conseil à des personnes peut-être plus brillantes !
Sinon le marabout en moi lui indique que, pour réussir, il lui faut me faire livrer trois pots de cancoillotte par semaine. Résultats assurés.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Avant de te libérer, je te laisse « libre antenne » pour passer le message que tu souhaites. Un bonjour à tes amis, un coup de coeur, un coup de gueule, aucun tabou et aucune limite, rien ne sera censuré !

J’ai toujours l’espoir de devenir une rockstar. Alors si y’a un groupe sur Paris qui cherche un chanteur… Promis, je chante juste, j’ai des témoins !

2 thoughts on “Gianni « Plume » Molinaro

  1. Je découvre ton site, et je suis impressionné! C’est une excellente interview que tu as réalisé, d’autant plus que comme toi, j’apprécié énormément Plume (jai passé les 5 dernières années sur Gameblog, et j’ai son livre sur Castlevania). C’est peut-être le seul redacteur qui me convienne encore sur Gameblog, après les vagues de départ successifs. Tu m’as appris pas mal de détails que j’ignorais, comme le fait qu’il était passé par l’ESJ et qu’il s’était marié récemment! Je vais repasser régulièrement par ici en tout cas 😉

    1. Merci beaucoup 🙂 Plume est quelqu’un d’extra.
      Pour mes interviews, j’essaye vraiment de faire des recherches sur les personnes, et de ne pas poser uniquement des questions superficielles. Il me semble que c’est important 🙂 Plusieurs autres interviews sont dans les bacs, et devraient arriver d’ici quelques jours. Donc n’hésite pas à repasser, ou à me suivre sur Twitter pour avoir les news 🙂

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