Mes aventures sur GameWedge m’ont permis de rencontrer Julius, un jeune trentenaire passionné par les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance. Réputé pour être notre « Maître Capello » de la bande, Julius n’en reste pas moins une véritable encyclopédie du jeu vidéo, notamment en ce qui concerne les jeux japonais ou les musiques de jeux. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté sa demande lorsqu’il est venu me proposer de lui soumettre quelques questions.

Julius, tu es un joueur « qui a de la bouteille », avec presque 25 ans d’expérience dans le jeu vidéo. Comment as-tu découvert ce loisir, et comment est-ce devenu une véritable passion ?

Bonjour Fabien !

J’ai commencé à jouer aux jeux vidéo lorsque j’avais 10 ans. Mes camarades de classe avaient tous une console (une «  Nintendo », une « Sega » ) et j’allais souvent chez eux pour y jouer. Puis une petite console faisait fureur à l’époque, la Game Boy de Nintendo.  Je me souviens en avoir demandé une à mes parents pour Noël 1991. Mais dans un premier temps, je me suis heurté au refus catégorique de ma mère, qui craignait que cela n’affecte mes résultats scolaires. Quelle ne  fut pas ma joie de voir le 25 décembre la console désirée avec  Super Mario Land en prime ! Mieux encore, la petite portable avait trouvé sa place dans la maison, entre mon père qui me la piquait souvent pour terminer Super Mario et ma mère qui s’est passionnée pour Tetris. Je me demande encore comment elle faisait de tels scores monstres dans les niveaux élevés.

L’année suivante, je remets ça pour avoir la Megadrive de Sega. Cette fois, ma mère accepta à condition d’avoir de bonnes notes au premier trimestre de sixième. Comme ce fut le cas, j’eus donc droit au Bundle Megadrive  avec deux manettes et les deux jeux Sonic the Hedgehog et Streets of Rage. Sonic fut d’ailleurs le premier jeu à squatter la télévision familiale. Et un jeu de cette qualité, ça ne s’oublie jamais. Quelques semaines plus tard, je rassemblai mes économies pour m’offrir Sonic 2. Des heures à explorer le jeu et à faire et refaire le mode deux joueurs, malgré les défauts qu’il comportait, avec ma sœur…  C’est grâce à la Megadrive, plus qu’avec la Game Boy, que j’ai commencé à me passionner pour ce loisir. Et la console fonctionne toujours…

Tu portes un intérêt particulier aux RPG et notamment aux J-RPG. Attends-tu quelque chose de Final Fantasy XV, ou t’es-tu résigné, toi aussi, à enterrer cette magnifique saga il y a quelques années ?

Je vais répondre franchement : Il y a presque 5 ans maintenant, j’ai été tellement déçu par Final Fantasy XIII  que je n’ai pas acheté ses deux suites directes. Cela a été pour moi l’épisode de rupture, tant le décalage entre les promesses de Square-Enix et la réalité était grand (par exemple, quelques jours avant la  sortie, les producteurs osaient affirmer que le jeu serait encore plus open-world que l’épisode précédent), si bien que je me suis dit que plus jamais je n’achèterai de FF sans avoir lu divers avis. J’ai largement préféré le RPG de Tri-Ace sorti  trois semaines plus tard, Resonance of Fate, qui proposait quelque chose d’original (et assez dur, aussi).

Concernant FF XV pour le moment, je vois que c’est joli. D’un côté, Square Enix a toujours su montrer une maîtrise technique des machines sur lesquelles l’éditeur sortait ses jeux. C’était le cas pour le treizième épisode. Malheureusement j’ai aussi vu ce que ça a donné côté intérêt et univers. Donc j’attends de voir les retours. Il faudrait également qu’on ait une date de sortie, ne serait-ce que japonaise…

Tu fais partie des habitués de la chaine Nolife TV. Tu es même l’un des piliers du forum officiel avec plus de 6000 messages à ton actif. Peux-tu me raconter tes débuts auprès de cette communauté, et ce qui te plait autant chez nos amis de Nolife TV ?

Tu sais, des membres ont beaucoup plus de messages que moi sur le forum de Nolife… 🙂 Même si en convention, les membres du staff me connaissent. Je suis la chaîne depuis son lancement en fait. Déjà sur Game One (que je continue aussi à regarder de temps en temps), j’appréciais le travail et les émissions d’Alexandre Pilot, aujourd’hui directeur d’antenne de Nolife, et l’émission « Mémoire Vive » était une de celles que j’appréciais le plus, en tant que fan de rétrogaming. Lorsqu’une chaîne voulant parler de culture « geek » et japonaise, avec en plus de la diffusion de clips de groupes japonais, a été annoncée début 2007, co-dirigée par cet ancien de Game One et en plus, avec Marcus dedans, je me suis dit que ça vaudrait sans doute le coup d’œil…  J’ai même demandé le modèle supérieur de Freebox rien que pour ça. Et je n’ai pas regretté. Concernant le média « jeu vidéo », la chaîne en parle avec sérieux et certaines émissions sont originales. Par exemple, où peut-on voir sur la télé française, un joueur expliquer comment trouver des safe spots dans un shoot’em up ? Les critiques de jeux sont parmi les plus détaillées qui existent. J’espère qu’un jour, Nolife deviendra vraiment pérenne pour son avenir. Elle a su prendre un créneau encore inoccupé lorsqu’elle s’est lancée.

Je soulignerai aussi l’accessibilité du staff en convention, lorsqu’ils ne sont pas en tournage. C’est souvent qu’à Japan Expo, je prends le temps de discuter avec des membres de la chaîne.

Concernant la communauté elle même, j’ai rencontré les premières personnes membres du forum lors du premier rendez-vous entre fans de la chaîne. Je me souviens encore de la date, c’était le 25 avril 2008. On s’était rassemblés sur le parvis de l’Opéra Garnier. J’avais décidé d’y venir, car habitant du côté d’Orléans, je n’avais qu’une heure de train à faire. Certains sont devenus de véritables amis depuis cette date, et même après. On se voit toujours aujourd’hui. Et ça, que la chaîne vive, ou meure, ça restera  quoiqu’il advienne.

Je vais d’ailleurs te raconter quelque chose que peu de gens en dehors de mon entourage bien entendu, savent. Un mois et demi après cette première rencontre de membres, j’ai eu un gros ennui de santé nécessitant une hospitalisation. J’avais prévu d’aller à Japan Expo mais mon état ne me le permettant pas, je suis allé me ressourcer dans le Sud-ouest sur la terre de mes ancêtres. Pendant la convention, un des membres a fait une banderole en tissu avec le logo de la chaîne, et l’a faite signer de mots de rétablissement, non seulement par le staff lui-même, mais aussi par les membres présents. Pour moi, alors qu’on venait à peine de se connaître. J’ai trouvé ça très touchant devant tant de gentillesse et je ne sais  toujours pas comment me montrer reconnaissant devant tant de bonté de la part de celui qui en a eu l’initiative, à part dire « Merci ». Mathieu, c’est bien de toi que je parle.

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Tu tiens, avec ton ami C2J, le blog DATAFR. Quel est le concept du blog ? Comment avez-vous eu l’idée d’écrire ensemble, C2J et toi ?

Nous nous sommes connus C2J et moi, lors d’une rencontre « IRL » sur Orléans chez une membre du forum de Nolife qui faisait ses études dans la ville. Nous avons vite vu que nous partagions les mêmes passions et donc nous nous sommes mis de plus en plus à communiquer. Je tenais un modeste blog sur une autre plate-forme que WordPress, et je sentais qu’il avait de plus en plus le désir d’écrire. Il a écrit quelques articles mais ce n’était pas très pratique pour lui. De plus, je me sentais bridé par le manque de possibilités de l’ancienne plate-forme . Nous avons donc décidé de créer un blog où nous serions tous les deux sur un même pied d’égalité pour publier nos articles. Pour le nom, je me souviens que j’ai écrit tout ce qui m’est passé par la tête, du plus sensé au plus farfelu et connoté et j’ai laissé effectivement dans la liste ces quatre lettres, DATA.  Et C2J a alors eu l’idée d’en faire un acronyme, ce qui a donné Duo Atypique de Testeurs Avertis. Finalement, c’était très bien, assez original sans connotation particulière. Parce que j’ai oublié de préciser, C2J c’est une mine de 1000 bonnes idées (au moins) par minute…  Nous avons dû rajouter « fr » dans l’adresse puisque le mot « data » seul était déjà pris sur WordPress. Si je devais résumer les personnalités du duo, je serais un peu le « fonceur » des deux, lui est plus posé, plus tempéré et je lui demande parfois des conseils en cas de doute.

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Nous avons conçu ce blog d’abord sur le fait qu’il puisse être un lieu d’expression pour tous les deux. C’est ainsi que j’ai accepté qu’il y ait une rubrique Catch sur le blog, qui est la grande passion de C2J.  Pour le reste, il est axé essentiellement sur les jeux vidéo, le cinéma, mais nous avons d’autres rubriques concernant les livres et la bande dessinée d’où qu’elle vienne ( franco-belge, manga, comics). Certaines sortent aussi un peu du lot et sont plus des tribunes de libre expression. Dans la mesure du possible, nous avons essayé de donner un nom original aux rubriques, comme « Bouillon de Culture » et «  Couillon de Bulture » pour les livres, puisque nous sommes tous le deux fans des Deux Minutes du Peuple de François Pérusse, et de ce sketch en particulier.

Personnellement, en tant que rétrogamer et amateur de RPG notamment japonais (mais pas que), j’aime faire découvrir des jeux oubliés ou rares, aussi bien que ceux qui ont marqué leur époque. Concernant les articles, effectivement, il y a des périodes où nous publions plus que d’autres, selon notre inspiration et la préparation des articles. Nous avons pour habitude de les écrire d’abord sur traitement de texte, sauf pour les news rapides, pour éviter une mauvaise surprise sur le blog lui-même. Le site plante, une déconnexion et tout est à refaire.

Concernant l’avenir du blog, qui vient mine de rien de fêter ses trois ans d’existence, nous aimerions refaire son apparence graphique et le compléter un peu plus, avec un nouveau logo.  Mais nous avons aussi nos vies…

En parallèle, tu occupes un poste de modérateur sur le réseau social des gamers : GameWedge. En quoi consiste ton rôle ? Cela n’est-il pas difficile de garder son sang-froid tous les jours ?

Ah, je reconnais bien là une question de mon supérieur sur le site ! 😀 Le rôle de modérateur, plus qu’à sanctionner, sert avant tout selon moi, à guider les gens et les conseiller. Et effectivement, quand certains font semblant de ne pas comprendre, ça énerve, forcément. Mais être modérateur apprend petit à petit la tempérance. Et puis je profite aussi de la liberté d’expression qui est donnée sur le site pour également plaisanter avec les autres membres. Je n’oublie pas d’où je viens…

Si tu pouvais te transformer en un héros de jeux vidéo, qui serait-il, et pourquoi ?

J’ai croisé tellement de héros de jeu pendant toutes ces années que choisir est assez difficile. Mais j’aimerais me transformer en Serge, le héros de Chrono Cross. Ce dernier vit dans un univers en apparence paradisiaque. Et comme il a le pouvoir de passer dans un univers parallèle, il peut créer de sacrés paradoxes temporels. Le fait même qu’il existe dans l’un et pas dans l’autre en est déjà un à lui seul… Mais je ne vais pas spoiler le scénario du jeu… 😉

Dans tes nombreuses années de gaming, quel est le jeu qui t’a le plus marqué ? Pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

En choisir un seul n’est pas chose facile, mais le jeu que je retiendrai pour de bonnes raisons est Final Fantasy VII. C’est lui qui m’a plongé dans le monde du RPG japonais et c’est pour cette raison qu’il reste mon préféré de la saga. Au départ je voulais prendre Tomb Raider II, mais un de mes cousins qui habitait le même village que moi le voulait aussi, et nous avions convenu de ne pas acheter le même jeu pour pouvoir ensuite se les échanger temporairement. J’accepte de changer mon choix de départ et je vois que dans la presse, outre la suite des aventures de Lara Croft, un autre jeu a eu d’excellentes notes. C’était Final Fantasy VII.  Eh bien, je n’ai absolument pas perdu au change. L’aventure était extraordinaire, et j’ai même convaincu mon cousin d’y jouer. Lorsqu’il est parti avec le premier disque de jeu, il est revenu quelques jours plus tard en me demandant la suite.

C’est sur que pour moi il y a eu mieux ensuite dans le genre, Chrono Cross restant mon RPG préféré de tous, mais impossible d’oublier ce titre.

2015 va être riche en sorties vidéoludiques. Y-a-t’il un jeu que tu attends impatiemment ?

Je ne vais pas être original, mais j’attends comme beaucoup de monde The Witcher III. La promesse d’un monde vaste et ouvert me fait envie. Les licences Nintendo annoncées pour cette année me semblent également pas mal. D’ailleurs, à propos des consoles de génération supérieure, j’envisage de me prendre une Wii U sous peu car c’est sa ludothèque qui me parle le plus.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Avant de te libérer, je te laisse « libre antenne» pour passer le message que tu souhaites. Un bonjour à tes amis, un coup de cœur, un coup de gueule, aucun tabou et aucune limite, rien ne sera censuré !

Merci à toi pour cette interview.

Comme mot de la fin, j’aimerais dire que le monde du jeu vidéo est vaste, très vaste, et qu’il y a suffisamment de genres pour que chacun y trouve son compte. Il faut aussi sortir de sa zone de confort pour découvrir des titres auxquels nous n’aurions jamais pensé qu’ils pourraient nous plaire. Et que le nombre d’années n’affecte pas l’intérêt d’un titre. Un bon jeu sera toujours bon à sa sortie ou des années après. Un mauvais jeu le restera. Mais il faut jouer avant tout par plaisir.

Je suis content de faire la connaissance de personnes partageant les mêmes passions que moi, et qui tiennent aussi des blogs pour en parler. Les réseaux sociaux aident beaucoup dans ce sens.

Je rêve qu’un jour, la communauté gamer cessera ses guerres et sera unie. Unie pour dire « Non » à ceux qui maltraitent ou s’acharnent à confiner ce loisir dans un ghetto.

N’hésitez pas à me suivre via le blog  à l’adresse suivante : http://datafr.wordpress.com, et via la page Facebook du blog, https://www.facebook.com/pages/DATA/344026215689646 via Twitter avec mon compte @Julius_P.

Et comme je fais partie des premiers interviewés, je souhaite longue vie à ton blog qui sent encore le neuf et l’enduit. 🙂

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